Samedi 5 décembre 2009
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Travail non journalistique mais simple exercice d'écriture.
Petite, je compris que l’apprentissage de l’écriture serait pour moi un exutoire béni, pouvant assouvir les bouillonnements de mon imaginaire.
L’affluence de mots, de mondes, et de personnages, apparaissaient dans mon esprit et se noyaient dans les abîmes de ma mémoire. Besoin intrinsèque à ma construction, je romançais ma vie d’enfant,
les lignes se développaient, les mots sautillaient, puis tout ces univers, ces mondes s’évaporaient. L’écriture m’apprit à conserver ma mémoire immédiate, à l’enfermer, la sauvegarder.
Puis, adolescente j’entrepris, entreprise fastidieuse, d’écrire un constat relatif à la situation alarmante des adolescents : leurs coutumes, leurs rites. Approche
« anthropologique » d’une peuplade étrangère à moi-même, bien évidemment! J’interrogeais avec application mes deux cobayes, et amies et les disséquais avec soin. J’appelais cette première
nouvelle « stratagème soporifique ».
De surcroît, je ne pus me contraindre à une forme d’écriture normée, ceci fut pour moi une grande difficulté à surmonter. Ma seconde nouvelle, elle, imaginait dans un monde
absurde, une dictature féministe, qui contraignait les hommes à l’enfermement et à l’utilisation pratique de leurs corps (à des fins de reproduction de l’espèce) et de leurs forces ( travaux
forcés). Je m’infligeais des temps d’écritures réguliers, et m’y astreignais rigoureusement. Conséquemment, l’investissement mis dans cette entreprise me fit comprendre la difficulté du
travail à effectuer, autant sur la forme, que sur le fond. Tout en considérant que mon sujet se devait d’être construit organisé et suivi, mon fil conducteur se rompait souvent, et mon propos
s’éparpillait. Ma désillusion fût grande: j’ai donc abandonné ce travail.
Mon besoin d’écrire étant plus grand que mes difficultés, je remis en route un travail, lui, fondé sur un récit qu’un ami m’avait conté, celui d’un voyage incroyable à travers la
France, à cheval, avec sa petite fille, durant 1 an où il s’est retrouvé par nécessité, à manger son chien. Ce fut mon travail le plus complet et le plus abouti car c’est le premier que j’ai
achevé. Bien qu’il ne soit pas parfait ni même d‘un grand intérêt, cela me redonna l’espoir et la satisfaction d’avoir progressé.
Mon contact fantaisiste et purement récréatif à l’écriture se modifia lors de ma reprise d’études l’année dernière, lorsque je dus non pas écrire pour moi mais aussi pour être
lue. En considérant l’ensemble des contraintes que cela suppose tel que le plan dialectique, les règles syntaxiques et orthographiques. Et curieusement, bien que l’aspect dogmatique de cette
nouvelle approche de l’écriture m’effrayait un peu, j’appris à trouver un plaisir; celui d’être libre tout en étant encadré. Cette soumission aux lois, me fît reconsidérer la langue; elle
n’était pas seulement un outil, mais aussi un atout, une force, un patrimoine, cher et fragile. En outre, grâce à l’atelier d’écriture organisé par l’université je pus assouvir en parallèle
ce besoin d’écrire qui me poursuit. Écrire me construit, me fabrique, vaste journal intime, mes écrits tracent mes souvenirs, mes idées. L’écriture me fait plonger en un instant dans mon imaginaire
d’enfant ou mes révoltes d’adolescente. L’écriture est le code, le support de la pensée, nécessaire à l’élaboration des idées et à la représentation matérielle de notre
imaginaire.
Par iris conte
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