Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /Jan /2010 11:42
                Perceval et Romand

           Tard dans la nuit, le temps s‘éc
oule sur le minuteur du lecteur DVD, l’écran de télévision éclaire le salon : un homme le scrute, son verre de vin est posé sur la table basse, ses pieds sont repliés sous ses cuisses, son visage approuve de son intérêt et de sa décontraction, sa bouche émet un rictus et parfois il sourit tout à fait. Il regarde  Le genou de Claire  de Eric Rohmer, la poésie émanant d’Aurora et de Jérôme fascine le regardeur est l’installe dans l’univers exalté de Rohmer. Il attend la suite. Son verre est au quart, ses doigts tortillent ses cheveux mi-longs grisonnants, et ses jambes sont allongées et croisées aux chevilles. Le regard de Jérôme posé sur cette adolescente, l’ autorise lui aussi. Il boit une gorgé de vin et décroise ses jambes ehttp://img2.timeinc.net/ew/dynamic/imgs/060810/17751__rohmer_l.jpgt pose un pied sur le sol.
    Le lendemain soir, il se rend à une projection au centre culturel Wallon-Belge de Paris. En fin de séance, il s’approche du buffet et attrape une coupe de champagne. Il se retourne, balaye l’assemblé,  hoche la tête à l’attention  de une ou deux connaissances. Son regard s’attarde sur une femme d’une quarantaine d’année, qu’il dévisage longuement. Il recherche d’où cette personne lui est familière, passant prés d’elle, il l’a reconnait. Trente cinq années s’écoulent sous son regard, la temporalité s’effrite.  L’étonnement passé, il s’approche d’elle, l’aborde, une ambigüité règne, de l’adolescente aux boucles brune : Laura. Il retrouve une femme, où le désir interdit de la veille, devient une  rencontre avec Béatrice Romand. Victorieux. Il lui parle.
         -Vous minaudez beaucoup ! Dit-il
            -Je minaude? Dit-elle
            -Oui! Vous vous tortillez, même!
            -Je me tortille?
            -Oui.
Une goutte de champagne sur la commissure des lèvres de l’homme.
                                    Iris Conte       
Par iris conte
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 15:20

Le Monde au bout du doigt

Le I-phone par Apple

 


Rectangle aux angles doux, surface plane tactile, un bouton quinze milles applications. La pomme réinvente la téléphonie mobile.


L’interactivité intégrale de ce rectangle aux formes arrondies a l’ ergonomie ambigüe : large il est inadapté à la paume de la main, lisse à la teinte brillante sa texture appel le contact sensoriel . La pomme d’Apple tatouée sur son dos, reflète le creux de la main de son possesseur, marquant ses empreintes digitales sur la surface noire . L’écran est vide, ébène, seul le reflet du maître apparait, le doigt fait pression sur le cercle, par une lumière incidente le monde s’ouvre à lui. Le monde se caresse du bout du doigt , délicatement, la mosaïque d’icônes, révèlent ses applications divines. D’un frôlement furtif, vous entrez dans la communauté I-phone, celle de la promotion sociale par l’objet téléphonique, greffon psychologique, miroir de vous-même offert au reste du monde. Au verso, l’œil d’Apple nargue le monde, imposant le prestige de son empire en votre nom.

 

 

Par iris conte
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 18:10
Je vous écrit du Boulevard Haussmann…à Nöel!

Les insoutenables vitrines de Noël!

              Onze vitrines, un an de  travail, trente corps de métiers, cent soixante personnages, cinq milles deux cent ampoules, six cent mètres de guirlandes: les vitrines de Nöel du Boulevard Haussmann nous offre un spectacle de marionnette d’une  féérie éblouissante si vous supportez… les  geignements, le brouhaha, les bousculades, les vitrines des galeries Lafayette ne sont incontestablement supportables que pour les marionnettes. Les familles s’entassent depuis maintenant 50 ans devant ces  vitrines « féeriques », les décors, les animations, les éclairages, sont effectivement  somptueux mais à trois heures du matin… Sinon vous ne verrez que des crânes dégarnis, des enfants sur les épaules de leurs parents, des chignons bombés, des bonnets de père Noël clignotant, mais certainement pasde petits lutins
gigotant! Si une brèche se libère on entrevoit alors de multiples animations colorées, des petites fées papillonnantes, de petits biscuits valsant, pur rêve d’enfant…  Créativité d’un marionnettiste talentueux ou publicité de Walt Disney, la frontière est sensible… Si voire Balou se trémousser n’est pas votre priorité vous pouvez toujours vous rétracter sur les vitrines inanimées,  traditionnels esthétismes des Galeries, faisant la promotion d’objets hors de prix. Une expédition à prévoir et à appréhender, mais une expérience visuelle incontestable, voici toute l’ambiguïté de ces vitrines douces amères du boulevard Haussmann. IC

Par iris conte
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 21:40
Travail non journalistique mais simple exercice d'écriture.

Petite, je compris que l’apprentissage de l’écriture serait pour moi un exutoire béni, pouvant assouvir les bouillonnements de mon imaginaire. L’affluence de mots, de mondes, et de personnages, apparaissaient dans mon esprit et se noyaient dans les abîmes de ma mémoire. Besoin intrinsèque à ma construction, je romançais ma vie d’enfant, les lignes se développaient, les mots sautillaient, puis tout ces univers, ces mondes s’évaporaient. L’écriture m’apprit à conserver ma mémoire immédiate, à l’enfermer, la sauvegarder.
    Puis, adolescente j’entrepris, entreprise fastidieuse, d’écrire un constat relatif à la situation alarmante des adolescents : leurs coutumes, leurs rites. Approche « anthropologique » d’une peuplade étrangère à moi-même, bien évidemment! J’interrogeais avec application mes deux cobayes, et amies et les disséquais avec soin. J’appelais cette première nouvelle « stratagème soporifique ».
    De surcroît, je ne pus me contraindre à une forme d’écriture normée, ceci fut pour moi une grande difficulté à surmonter. Ma seconde nouvelle, elle, imaginait dans un monde absurde, une dictature féministe, qui contraignait les hommes à l’enfermement et à l’utilisation pratique de leurs corps (à des fins de reproduction de l’espèce) et de leurs forces ( travaux  forcés). Je m’infligeais des temps d’écritures réguliers, et m’y astreignais rigoureusement. Conséquemment,  l’investissement mis dans cette entreprise me fit comprendre la difficulté du travail à effectuer, autant sur la forme, que sur le fond. Tout en considérant que mon sujet se devait d’être construit organisé et suivi, mon fil conducteur se rompait souvent, et mon propos s’éparpillait. Ma désillusion fût grande: j’ai donc abandonné ce travail.
    Mon besoin d’écrire étant plus grand que mes difficultés, je remis en route un travail, lui, fondé sur un récit qu’un ami m’avait conté, celui d’un voyage incroyable à travers la France, à cheval, avec sa petite fille, durant 1 an où il s’est retrouvé par nécessité, à manger son chien. Ce fut mon travail le plus complet et le plus abouti car c’est le premier que j’ai achevé. Bien qu’il ne soit pas parfait ni même d‘un grand intérêt, cela me redonna l’espoir et la satisfaction d’avoir progressé.
    Mon contact fantaisiste et purement récréatif à l’écriture se modifia lors de ma reprise d’études l’année dernière, lorsque je dus non pas écrire pour moi mais aussi pour être lue. En considérant l’ensemble des contraintes que cela suppose tel que le plan dialectique, les règles syntaxiques et orthographiques. Et curieusement, bien que l’aspect dogmatique de cette nouvelle approche de l’écriture m’effrayait un peu, j’appris à trouver un plaisir; celui d’être libre tout en étant encadré. Cette soumission aux lois, me fît reconsidérer la langue;  elle n’était pas seulement un outil, mais aussi  un atout, une force, un patrimoine, cher et fragile. En outre, grâce à l’atelier d’écriture organisé par l’université je pus assouvir en parallèle ce besoin d’écrire qui me poursuit. Écrire me construit, me fabrique, vaste journal intime, mes écrits tracent mes souvenirs, mes idées. L’écriture me fait plonger en un instant dans mon imaginaire d’enfant ou mes révoltes d’adolescente. L’écriture est le code, le support de la pensée, nécessaire à l’élaboration des idées et à la représentation matérielle de notre imaginaire.

Par iris conte
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 14:13
ligne éditorial : Télérama rubrique je vous écrit de ....

Arcachon, une carte postale



Villégiature des bordelais, ou tourisme familial: Arcachon est un carrefour de vacanciers aisés. S’offrant des vacances d’été  loin du cliché du film Camping: ni tongs arc-en-ciel, ni bateau pneumatique, place au tourisme bobo! Au large, les voiliers voguent paisiblement, la marré monte, les bancs de sable du bassin d’Arcachon se recouvrent…les parcs à huitres dessinent les traditionnelles cartes postales. Les estivants se tassent sur le morceau de plage qui subsiste. Au bord de la plage, une promenade bétonnée longe le littoral, autochtones septuagénaires croisent les adolescents en rollers, parallèlement une piste cyclable accueille les couples en « Between », et les familles BCBG qui ont chinés les vieux vélos dans le garage de la maison de location … Le ciel est moucheté de cerfs volants indisciplinés, et toute les demie s heures un avion de tourisme publicitaire survole le bassin.
     Les sept kilomètres de plages sont tapissées de rayures et de couleurs flashy, les corps dénudés avachis s’ensoleillent : la plage de Pereire est  peuplée de Néerlandais rougeaux et de parisiens en exil, accompagnés de leurs progénitures blanchâtres en combinaison Petit Bateaux intégrale, les poussettes tout terrain sont recyclées en porte serviette, as been le parasol, le in c’est la demi-tente « deux secondes » Quechua. Public aisé sur une plage gratuite, à Arcachon on préfère les piscines, le bassin c’est plutôt pour faire du Hors-bord,  alors qu’elle est le vrai visage du touriste Arcachonnais? Le bobo aux pieds ensablés ou le  BCBG chloré ?



Par iris conte
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